Cette réaction intervient alors que le rapport de 94 pages du Groupe d’experts de l’ONU suscite de nombreuses réactions en Haïti. Le document met en lumière les relations présumées entre des personnalités politiques, des acteurs économiques et plusieurs groupes armés qui contribuent à l’insécurité dans le pays.
« Je suis un pacifiste », affirme l’ancien sénateur
Interrogé par l’Associated Press, Nènèl Cassy a fermement contesté les conclusions des experts internationaux.
L’ancien parlementaire affirme n’avoir jamais acheté ni vendu d’armes et soutient ne pas disposer des ressources financières nécessaires pour participer à de telles activités.
Il estime que les accusations formulées à son encontre relèvent d’une persécution politique plutôt que de faits établis par la justice.
Cassy demande également aux experts des Nations unies de retirer son nom et les allégations le concernant de leur rapport, qu’il considère comme incorrect et dépourvu de fondement.
De graves accusations dans le rapport de l’ONU
Le Groupe d’experts des Nations unies présente pourtant une série d’allégations particulièrement graves concernant l’ancien sénateur.
Selon le rapport, Nènèl Cassy contrôlerait un groupe criminel dénommé « BLTS », opérant à Chalon, dans la commune de Miragoâne. Cette organisation, distincte de la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants de la PNH, est associée par les experts à des activités comprenant notamment des enlèvements contre rançon, des meurtres, des violences sexuelles et des vols à main armée.
Les experts évoquent également des relations présumées avec plusieurs groupes armés, dont Kraze Baryè, dirigé par Vitel’Homme Innocent, ainsi qu’avec la coalition G-Pèp.
Le document fait par ailleurs état d'une implication présumée de Cassy dans des distributions d’armes et des réunions liées à la déstabilisation de Kenscoff.
Ces accusations constituent des conclusions du Groupe d’experts et non des faits établis par une condamnation judiciaire.
« Rien n’a été établi », réplique Cassy
Face à ces accusations, l’ancien sénateur insiste sur l’absence de condamnation prononcée contre lui par la justice haïtienne.
Il affirme que les autorités judiciaires n’ont jamais établi sa culpabilité concernant les relations avec des organisations criminelles qui lui sont reprochées.
Sa position intervient après son arrestation, le 2 août 2025, dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de financement d’organisations criminelles et de complot contre la sûreté de l’État.
Il avait été remis en liberté le 19 août de la même année. Selon des informations rapportées par les experts de l’ONU, des sources proches de l’enquête avaient indiqué que cette procédure avait été classée sans suite.
Des accusations politiques à l’approche des élections ?
Nènèl Cassy établit également un lien entre les accusations dont il fait l’objet et le contexte politique haïtien.
L’ancien sénateur affirme souhaiter l’organisation d’élections libres, honnêtes, démocratiques et inclusives. Il précise toutefois ne pas envisager, pour le moment, de se présenter à la présidence de la République ou au Parlement.
Ces déclarations interviennent dans un climat marqué par les préparatifs électoraux, les difficultés sécuritaires et les interrogations persistantes sur les relations entre certains acteurs politiques et les groupes armés.
L’allégation de persécution politique avancée par Cassy demeure toutefois sa propre interprétation des accusations portées contre lui.
Un dossier qui continue de susciter des interrogations
La réaction de Nènèl Cassy ouvre un nouveau chapitre dans les discussions entourant le rapport du Groupe d’experts des Nations unies.
D’un côté, les experts internationaux maintiennent des conclusions mettant en cause plusieurs personnalités haïtiennes pour leurs relations présumées avec des organisations criminelles. De l’autre, l’ancien sénateur rejette les accusations et réclame leur retrait.
Cette divergence souligne l’importance de distinguer les constatations d’un groupe d’experts, les accusations pénales et les décisions rendues par les juridictions compétentes.
À ce stade, Nènèl Cassy demeure mis en cause dans le rapport de l’ONU, mais les accusations évoquées ne constituent pas une condamnation judiciaire.
Source principale : Associated Press, 7 octobre 2026.
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