Selon le document remis au Conseil de sécurité en septembre 2026, Alfredo Antoine aurait entretenu depuis plusieurs années des relations avec différents groupes armés opérant dans la région. Les experts affirment qu’à partir d’au moins 2016, alors qu’il était député de la circonscription, il aurait armé et soutenu des groupes de jeunes utilisés comme instruments politiques. Certains auraient par la suite évolué en gangs ou rejoint des organisations criminelles.
L’attaque du 27 janvier 2025 au cœur des accusations
Le rapport accorde une attention particulière à l'offensive lancée contre Kenscoff le 27 janvier 2025. Cette attaque et les violences qui ont suivi ont fait plus d’une centaine de morts, selon le Groupe d’experts, et ont été accompagnées de violences sexuelles, de pillages et d’incendies d’habitations.
C’est dans ce contexte que les experts présentent Alfredo Antoine comme l’un des principaux commanditaires présumés de l’offensive. Ils affirment également qu’il aurait participé à la planification d’attaques avec des gangs dans plusieurs quartiers de Kenscoff.
Des liens présumés avec Vitel’Homme Innocent et Viv Ansanm
Le Groupe d’experts fait également état de contacts présumés entre l’ancien député et plusieurs acteurs liés aux groupes armés.
Il aurait notamment communiqué avec Frantz Valmyr, alias « Didy », présenté comme un important chef de gang opérant à Kenscoff. Les experts évoquent aussi des contacts réguliers avec Magalie Habitant ainsi que des liens étroits avec Vitel’Homme Innocent, chef de Kraze Baryè.
Plus encore, Alfredo Antoine est identifié dans le rapport comme un fournisseur présumé d’armes à feu, de munitions et de ressources financières à des membres de Viv Ansanm, par l’intermédiaire d’un tiers.
Enlèvements et intimidations également évoqués
Les accusations formulées par les experts ne concernent pas uniquement les violences de Kenscoff. Le rapport attribue également à Antoine une responsabilité présumée dans des enlèvements et détentions illégales, affirmant que des gangs ou d’autres individus armés auraient été utilisés pour intimider des adversaires politiques ou s’emparer illégalement de propriétés.
Alfredo Antoine avait par ailleurs été arrêté le 4 avril 2025, notamment pour complot contre la sûreté de l’État, financement d’organisations criminelles, complicité de meurtre et association de malfaiteurs. Il avait été remis en liberté le 9 mai suivant.
Alfredo Antoine rejette les accusations
Contacté dans le cadre de la préparation du rapport, l’ancien député a nié tout lien avec les gangs. Le Groupe d’experts indique avoir pris connaissance de sa réponse, mais maintient ses conclusions.
Ces éléments constituent les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies et ne constituent pas une condamnation judiciaire d’Alfredo Antoine.
Le dossier intervient alors que Kenscoff demeure fortement affectée par l’insécurité. Une nouvelle vague d’attaques entre le 4 et le 9 juillet 2026 a fait au moins 61 morts et provoqué le déplacement d’au moins 5 800 personnes, selon le même rapport.
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