Ces deux dossiers, distincts sur le plan juridique, soulèvent des interrogations sur l’évolution des politiques sociales et éducatives dans cette ancienne république soviétique du Caucase.

Un possible durcissement contre les contenus LGBTQ+

Selon plusieurs médias azerbaïdjanais, les autorités envisageraient de limiter la diffusion de contenus considérés comme faisant la promotion des relations LGBTQ+ dans les espaces publics, les médias, les réseaux sociaux, la publicité, le cinéma et les établissements scolaires.

Les mesures évoquées comprendraient des amendes, des sanctions administratives et, en cas de récidive, des périodes de détention administrative. Des médias pourraient également faire l'objet de suspensions d'activité.

Toutefois, aucune proposition de loi officielle n'a été rendue publique à ce stade.

Plusieurs parlementaires interrogés par le média Modern.az ont déclaré ne pas avoir connaissance d'un tel texte. L'existence et le contenu précis de cette éventuelle réforme restent donc à confirmer.

Le hijab au cœur d'une controverse scolaire

Parallèlement, de nouvelles règles vestimentaires dans les établissements publics ont provoqué des tensions.

Le 21 septembre 2026, les autorités ont modifié les exigences concernant les uniformes des élèves. Le 6 octobre, le gouvernement a adopté des dispositions supplémentaires encadrant les vêtements des enseignants.


Ces réglementations insistent sur le caractère laïque de l'enseignement public, sans mentionner explicitement une interdiction générale du hijab.

Cependant, selon plusieurs témoignages relayés par la presse, des élèves portant le foulard islamique auraient été empêchées d'entrer dans certains établissements. Des enseignantes affirment également avoir subi des pressions pour retirer leur voile.

Des élèves protestent contre les exclusions

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des élèves protestant contre les restrictions appliquées au port du hijab.

Des mouvements de contestation ont notamment été rapportés à l'école n° 69 de Bakou et dans d'autres établissements du pays.

Pour les familles concernées, ces mesures soulèvent une question fondamentale : l'application de la laïcité scolaire peut-elle conduire à priver certaines élèves de leur droit à l'éducation en raison de leurs convictions religieuses ?

Les autorités défendent de leur côté un cadre vestimentaire uniforme destiné à préserver le caractère laïque des établissements publics.

Un débat sur les libertés fondamentales

L'Azerbaïdjan est un État officiellement laïque dont la population est majoritairement musulmane.

Les controverses actuelles placent au centre du débat plusieurs principes : la liberté de religion, l'accès à l'éducation, la liberté d'expression et la protection contre les discriminations.

Les prochaines décisions des autorités permettront de déterminer si les restrictions évoquées concernant les contenus LGBTQ+ se traduiront par une véritable initiative législative.

Concernant les écoles, les réactions des familles et les modalités d'application des nouvelles règles vestimentaires devraient continuer d'alimenter les discussions dans le pays.