Le texte a obtenu 12 voix pour, aucune contre et trois abstentions, celles de la Chine, de la Russie et du Pakistan. Ces trois pays ont notamment exprimé des préoccupations concernant le financement, les effectifs disponibles et l’efficacité de la force. Le projet de résolution était porté par les États-Unis et le Panama.
Cette décision intervient un an après la création de la FRG, appelée à succéder à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) dirigée par le Kenya.
Six mois supplémentaires face aux gangs
La FRG avait été autorisée le 30 septembre 2025 avec un effectif cible de 5 500 policiers et militaires et un mandat plus offensif contre les groupes armés. Elle doit notamment conduire des opérations contre les gangs en coordination avec la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti, contribuer à sécuriser des infrastructures stratégiques et favoriser le rétablissement des conditions nécessaires au fonctionnement des institutions.
Mais un an après sa création, son déploiement reste très inférieur aux ambitions initiales.
Selon l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, environ 1 500 membres de la FRG sont actuellement déployés en Haïti, soit moins de 30 % de l’effectif prévu. Washington affirme que les quelque 4 000 membres restants devraient arriver au cours des prochains mois.
L’un des principaux enjeux de cette prolongation sera donc moins l’existence juridique du mandat que la capacité des partenaires internationaux à compléter réellement les effectifs et à fournir les moyens nécessaires aux opérations.
Le soutien logistique de l’ONU maintenu
La résolution maintient également le rôle du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH), chargé de fournir un soutien logistique et opérationnel à la FRG.
Opérationnel depuis le 1er avril 2026, ce bureau fournit notamment des infrastructures, des services médicaux, des rations, du carburant, des moyens de mobilité terrestre, de l’aviation, des télécommunications et d’autres capacités logistiques.
Ce dispositif avait précisément été créé pour répondre à certaines des difficultés rencontrées par les précédentes missions internationales en Haïti, souvent confrontées à des problèmes de financement, d’équipements et de logistique.
Chine, Russie et Pakistan s’abstiennent
Si aucun membre du Conseil de sécurité n’a voté contre la prolongation, le renouvellement n’a pas obtenu l’unanimité.
La Chine, la Russie et le Pakistan se sont abstenus, comme ils l’avaient déjà fait lors de la création de la FRG en septembre 2025. Les préoccupations exprimées portent notamment sur le financement, les effectifs et les résultats du dispositif.
Pour Washington, cette nouvelle période doit au contraire permettre de consolider une approche différente des précédentes interventions internationales.
Mike Waltz a reconnu que plusieurs missions consacrées à Haïti au cours des dernières décennies avaient obtenu des résultats limités, tout en affirmant que les partenaires de la FRG cherchent cette fois à mettre en œuvre un modèle différent.
Un vote au lendemain de nouvelles violences dans l’Artibonite
Le renouvellement intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.
Quelques heures avant le vote, au moins 11 personnes ont été tuées dans l’Artibonite lors d'une attaque attribuée à des membres de gangs. Selon les informations rapportées par Reuters, un responsable local a présenté cette attaque comme des représailles après une opération de la FRG ayant entraîné la mort de trois membres de gangs impliqués dans des postes de péage illégaux.
Un mois auparavant, une autre attaque à Kenscoff, dans les hauteurs de Port-au-Prince, avait fait au moins 47 morts, tandis qu'environ 50 personnes avaient été enlevées, selon Reuters.
La violence continue par ailleurs de provoquer des déplacements massifs de population. Près de 1,5 million de personnes ont désormais été contraintes de quitter leur domicile en Haïti.
La sécurité au cœur du processus électoral
La prolongation du mandat intervient également à un moment déterminant pour le calendrier politique haïtien.
Des élections sont actuellement programmées pour le 13 décembre 2026, avec des résultats définitifs attendus le 7 mars 2027. Le nouveau mandat de la FRG, qui court jusqu'au 31 mars, couvre donc cette période électorale prévue.
Le rétablissement d’un niveau suffisant de sécurité constitue l’un des principaux défis pour permettre l’organisation du scrutin dans les zones affectées par les groupes armés.
Six mois qui seront déterminants
La décision du Conseil de sécurité évite pour l’instant une interruption du dispositif international de sécurité en Haïti. Mais elle ne résout pas automatiquement les difficultés auxquelles la FRG est confrontée.
Les prochains mois devront notamment montrer si les promesses de déploiement des 4 000 membres supplémentaires se concrétisent et si la force parvient à traduire son renforcement annoncé par des résultats sur le terrain.
Pour Haïti, la nouvelle échéance est désormais fixée au 31 mars 2027.
D’ici là, la FRG devra poursuivre ses opérations contre les groupes armés tout en contribuant à créer un environnement suffisamment sécurisé pour permettre aux institutions haïtiennes de fonctionner et au processus électoral annoncé d’avancer.
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