Et pour sa dernière danse, le numéro 10 n’est pas parti discrètement.

Devant un Monumental de Buenos Aires rempli pour lui rendre hommage, l’Argentine s’est imposée 3-0 face au Bénin. Messi a participé directement aux trois buts avec un but sur penalty et deux passes décisives, offrant au public argentin une ultime soirée à son image.

« La nuit que personne ne veut voir finir »

L’Association du football argentin (AFA) avait donné un nom particulièrement symbolique à cette rencontre : « La noche que nadie quiere que termine », « la nuit que personne ne veut voir finir ».

Le résultat sportif était presque secondaire.

Le Monumental était avant tout devenu le théâtre des adieux du joueur qui aura marqué plus de vingt années de football argentin. Des générations de supporters étaient réunies pour voir Messi porter une dernière fois le célèbre maillot albiceleste.

L’émotion était visible avant même le coup d’envoi. Accompagné notamment de ses trois fils, Thiago, Mateo et Ciro, Messi n’a pu retenir ses larmes pendant les cérémonies organisées en son honneur.

Les tribunes ont multiplié chants, drapeaux et hommages au numéro 10.

Un dernier but pour fermer le livre

Messi ne pouvait rêver d’une conclusion beaucoup plus symbolique.

Après une première période sans but, l’Argentine a pris le contrôle du match en seconde période.

Puis est arrivé le moment que tout le Monumental attendait.

À la 71e minute, Lionel Messi s’est présenté sur penalty et a inscrit le dernier but de sa carrière internationale.

Son 126e avec l’Argentine.

Le stade a explosé.

À 39 ans, pour son dernier match avec son pays, celui qui a passé une grande partie de sa carrière à faire lever les foules venait de le faire une dernière fois sous le maillot argentin.

208 matchs et 126 buts

Cette rencontre porte le bilan définitif de Lionel Messi à 208 sélections et 126 buts avec l’équipe nationale argentine.

Des chiffres qui racontent pourtant seulement une partie de son histoire.

Messi avait débuté avec la sélection senior en 2005. Sa première apparition avait tourné court : entré en jeu contre la Hongrie, le jeune prodige avait été expulsé quelques dizaines de secondes plus tard.

Personne ne pouvait alors imaginer jusqu’où cette histoire allait le conduire.

Deux décennies plus tard, il quitte l’Albiceleste comme son joueur le plus capé et son meilleur buteur historique.

Des finales perdues à la gloire mondiale

L’histoire entre Messi et l’Argentine n’a pourtant pas toujours été heureuse.

Pendant des années, le contraste entre ses immenses succès avec le FC Barcelone et ses échecs avec la sélection alimentait les critiques.

Les défaites en finales se sont accumulées.

Après une nouvelle désillusion face au Chili lors de la Copa América 2016, Messi avait même annoncé une première fois son retrait de la sélection.

Il reviendra finalement.

Et ce retour changera toute son histoire avec l’Argentine.

2021, le tournant

En 2021, Messi remporte enfin son premier grand trophée avec la sélection senior : la Copa América, gagnée face au Brésil au Maracanã.

Un verrou venait de sauter.

L’année suivante, l’Argentine remporte la Finalissima 2022 face à l’Italie.

Puis arrive le sommet.

Le 18 décembre 2022, au Qatar, Lionel Messi soulève la Coupe du monde après une finale devenue historique contre la France.

Le trophée qui avait échappé à Messi pendant toute sa carrière était enfin entre ses mains.

En 2024, il ajoute une nouvelle Copa América à son palmarès.

Une dernière Coupe du monde en 2026

Messi aura encore conduit l’Argentine jusqu’à la finale de la Coupe du monde 2026.

L’Albiceleste n’est toutefois pas parvenue à conserver son titre, s’inclinant face à l’Espagne.

Quelques semaines plus tard, le capitaine annonçait officiellement sa retraite internationale.


Dans sa lettre d’adieu publiée le 31 août, Messi expliquait que la décision lui faisait mal, mais qu’il estimait le moment venu de laisser la place à la nouvelle génération.

L’AFA lui proposera ensuite de revenir une dernière fois.

Pas pour une compétition.

Pas pour un nouveau trophée.

Mais simplement pour dire au revoir.

Le président de la fédération, Claudio Tapia, annonçait alors avoir invité celui qu’il qualifiait d’« icône » et de capitaine de la sélection à bénéficier des adieux qu’il méritait en Argentine.

Une histoire compliquée devenue histoire d’amour

Les adieux de Buenos Aires prennent une dimension particulière lorsqu’on se souvient de la relation parfois difficile entre Messi et son pays.

Longtemps, certains Argentins lui reprochaient d’être parti très jeune en Espagne ou de ne pas afficher avec la sélection le même visage qu’au FC Barcelone.

La conquête de la Copa América puis surtout du Mondial 2022 a profondément transformé cette relation.

Celui qui avait parfois été comparé avec sévérité à Diego Maradona quitte finalement la sélection sous les ovations d’un pays qui l’a adopté comme l’un des plus grands symboles de son histoire sportive.

Le dernier tango

L’AFA avait trouvé une autre expression pour résumer ces adieux : « Le dernier tango devait avoir lieu en Argentine. »

C’est finalement ce qui s’est produit.

Un dernier match à Buenos Aires. Un dernier numéro 10. Un dernier penalty. Un dernier but. Deux dernières passes décisives. Et une dernière victoire.

Lionel Messi continuera sa carrière en club avec l’Inter Miami, mais son histoire avec l’Albiceleste s’arrête ici.

Après 21 années, 208 matchs, 126 buts, deux Copa América, une Finalissima et surtout une Coupe du monde, Lionel Messi ne portera plus le maillot de la sélection argentine.

Cette fois, il ne s’agit plus d’une pause comme en 2016.

Le dernier tango est terminé.