Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, affirme que la majorité des appareils ont été interceptés avant d’atteindre leurs cibles. Dans la seule région de Moscou, le gouverneur Andreï Vorobiov a indiqué que 185 drones avaient été détruits ou neutralisés.
Deux morts et plusieurs blessés
Les autorités russes font état de deux personnes tuées dans différentes localités de la région moscovite.
Au moins sept personnes ont également été blessées, tandis que les débris et les impacts ont endommagé 47 maisons, quatre appartements et trois véhicules, selon le gouverneur régional.
Un entrepôt a par ailleurs pris feu après la chute d’un drone.
L’ampleur de l’opération place cette attaque parmi les plus importantes jamais enregistrées autour de la capitale russe depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022.
Un important dépôt de carburant aurait été touché
L’un des développements les plus sensibles concerne le complexe pétrolier de Volodarskaya, présenté comme le plus important centre de stockage et de distribution de carburant de la région de Moscou.
Des blogueurs militaires russes affirment qu’un réservoir du complexe a été touché pendant l’attaque.
Cette infrastructure appartient au réseau de pipelines de Transneft et stocke notamment du diesel, de l’essence et du carburant destiné à l’aviation. Elle participe également à l’approvisionnement de plusieurs aéroports de la capitale russe.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un important incendie présenté comme provenant du site. Reuters précise toutefois que l’impact sur l’installation n’avait pas encore été officiellement confirmé par les autorités russes au moment de la publication.
Près de 900 drones interceptés dans toute la Russie, selon Moscou
L’offensive ne s’est pas limitée aux environs de Moscou.
Le ministère russe de la Défense affirme que ses systèmes de défense aérienne ont intercepté près de 900 drones ukrainiens au-dessus de différentes régions russes, ainsi que de la Crimée occupée et de la mer d’Azov.
Ces chiffres proviennent des autorités russes et ne peuvent pas tous être vérifiés indépendamment.
À Moscou même, les autorités indiquent que plus d’une centaine de drones ont été abattus alors qu’ils approchaient de la capitale.
L’Ukraine intensifie sa guerre contre les infrastructures énergétiques russes
Depuis plusieurs mois, Kyiv multiplie les attaques à longue portée contre des raffineries, dépôts pétroliers, pipelines et autres infrastructures énergétiques russes.
L’Ukraine considère ces installations comme essentielles au financement de l’effort de guerre russe et à l’approvisionnement des forces de Moscou.
Kyiv affirme que ses frappes ont déjà neutralisé une part considérable des capacités russes de raffinage. Cette estimation ukrainienne n’a toutefois pas été vérifiée indépendamment.
L’éventuelle frappe contre Volodarskaya s’inscrirait donc dans cette stratégie visant à toucher la logistique énergétique russe loin de la ligne de front.
Moscou riposte contre l’Ukraine
La spectaculaire offensive ukrainienne intervient dans un contexte d’intensification des frappes à longue portée des deux côtés.
Dans les heures suivantes, la Russie a lancé une nouvelle vague d’attaques contre l’Ukraine.
Des frappes russes ont notamment touché Kyiv, où des bâtiments et des entrepôts ont été endommagés. Une installation industrielle a également été touchée à Dnipro, selon les autorités ukrainiennes.
Les deux pays multiplient désormais les opérations contre les infrastructures énergétiques, industrielles et logistiques à l’approche de l’hiver.
La guerre des drones change d’échelle
L’attaque contre Moscou illustre surtout l’importance croissante prise par les drones longue portée dans le conflit.
Malgré la distance séparant la capitale russe du territoire ukrainien, Kyiv dispose désormais de systèmes capables de frapper des objectifs situés profondément à l’intérieur de la Russie.
Moscou, de son côté, continue également d’utiliser quotidiennement drones et missiles contre les villes et infrastructures ukrainiennes.
L’attaque du 6 octobre marque ainsi une nouvelle étape dans cette guerre aérienne à longue distance, où les infrastructures énergétiques et logistiques deviennent des objectifs prioritaires à mesure que l’hiver approche.
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