Selon les résultats du Tribunal Supérieur électoral (TSE), Flávio Bolsonaro, candidat du Parti libéral (PL), a recueilli 47,03 % des suffrages valides, soit plus de 56,1 millions de voix.

Lula, candidat du Parti des travailleurs (PT), arrive en deuxième position avec 45,16 %, représentant environ 53,88 millions de suffrages.

Aucun des deux candidats n’ayant obtenu la majorité absolue des suffrages valides, les électeurs brésiliens devront retourner aux urnes pour les départager.

Trump félicite Flávio Bolsonaro

Depuis Washington, Donald Trump n’a pas tardé à réagir à la performance du fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.

Le président américain a qualifié le résultat de victoire « très, très grande », ajoutant qu’il le trouvait « incroyable », tout en reconnaissant que l’écart entre les deux principaux candidats restait serré.

Cette réaction intervient alors que Flávio Bolsonaro entretient des liens politiques étroits avec le mouvement conservateur américain et que les relations entre Washington et Brasília constituent déjà un enjeu important de la politique régionale.

Une avance d'environ 2,2 millions de voix

La différence entre les deux candidats reste relativement faible.

Flávio Bolsonaro devance Lula d’un peu plus de 2,2 millions de voix, soit moins de deux points de pourcentage.

Le résultat représente néanmoins une performance importante pour le sénateur de Rio de Janeiro, âgé de 45 ans, qui participe pour la première fois à une élection présidentielle.

Les sondages précédant le scrutin avaient généralement anticipé une course extrêmement serrée. Sa première place a donc immédiatement attiré l’attention de la presse internationale et des marchés financiers.

Le Brésil retourne aux urnes le 25 octobre

La bataille politique se déplace maintenant vers le second tour.

Les deux candidats disposent de trois semaines pour tenter de convaincre les électeurs ayant choisi d’autres candidats au premier tour, mais également ceux qui se sont abstenus.

L’abstention constitue d’ailleurs un enjeu majeur : selon les données électorales, elle a atteint environ 21 %, soit plus de 33 millions d’électeurs.

Le Tribunal supérieur électoral a annoncé vouloir travailler à réduire cette abstention avant le second tour.

Lula et Flávio Bolsonaro devraient désormais intensifier leurs déplacements, négocier de nouveaux soutiens politiques et chercher à élargir leur électorat au-delà de leurs bases traditionnelles.

Lula prépare une nouvelle phase de campagne

Pour Lula, qui brigue un nouveau mandat à la tête du pays, le résultat impose une réorganisation de la stratégie électorale.

Son camp cherche notamment à remobiliser les électeurs dans les régions où l’abstention a été importante et à convaincre les électeurs qui n’ont choisi aucun des deux finalistes.

De son côté, Flávio Bolsonaro tente de transformer sa première place du 4 octobre en une coalition électorale plus large avant le scrutin décisif.

Les deux camps ont donc entamé dès lundi une nouvelle phase de campagne.

Le poids de l’héritage Bolsonaro

Flávio Bolsonaro est le fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, battu par Lula lors de la présidentielle de 2022.

Avocat de formation et sénateur de l’État de Rio de Janeiro, il s’est présenté comme le continuateur d’une grande partie de l’agenda politique défendu par son père, notamment sur les questions de sécurité et de conservatisme social.

Son arrivée en tête du premier tour montre que le courant politique associé à la famille Bolsonaro conserve une place importante dans la vie politique brésilienne.

Le scrutin du 25 octobre opposera ainsi deux projets politiques très différents dans un pays toujours fortement polarisé.

Une élection suivie bien au-delà du Brésil

L’enjeu dépasse les frontières brésiliennes.

Avec plus de 200 millions d’habitants, le Brésil représente la première puissance économique d’Amérique latine et joue un rôle central au sein du G20, des BRICS et dans les négociations internationales sur le climat et l’Amazonie.

L’orientation diplomatique du prochain gouvernement pourrait également peser sur les relations du pays avec les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et les autres puissances émergentes.

La réaction rapide de Donald Trump au résultat du premier tour illustre déjà la dimension internationale de cette présidentielle.

Mais malgré l’avance obtenue par Flávio Bolsonaro dimanche, l’élection n’est pas décidée.

Le prochain rendez-vous est fixé au 25 octobre, lorsque les électeurs brésiliens devront choisir entre Flávio Bolsonaro et Luiz Inácio Lula da Silva pour diriger le pays.