Washington veut exercer une pression maximale

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a annoncé l'interdiction des transactions avec la CPI, accusant cette dernière de dépasser ses compétences et de menacer la souveraineté américaine.

Les sanctions prévoient notamment le gel des avoirs relevant de la juridiction américaine et des restrictions sur les relations commerciales avec la Cour.

Les entreprises américaines disposent d'une période de transition pour mettre fin à certaines prestations.

Ces mesures pourraient considérablement compliquer les opérations quotidiennes de l'institution basée à La Haye, aux Pays-Bas.

Les mandats d'arrêt contre Netanyahu au cœur des tensions

Cette décision intervient dans un contexte de profond désaccord entre Washington et la CPI.

Les États-Unis contestent notamment les mandats d'arrêt délivrés en novembre 2024 contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans la bande de Gaza.

Washington s'oppose également aux enquêtes de la Cour concernant des militaires américains, notamment en Afghanistan.

Les États-Unis, qui ne sont pas parties au Statut de Rome, contestent la compétence de la CPI à l'égard de leurs ressortissants dans ces circonstances.

Une annonce quelques heures après le prix Nobel de la paix

Les sanctions ont été annoncées quelques heures après l'attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navi Pillay, ancienne juge de la CPI et figure internationale de la défense des droits humains.

Cette coïncidence intervient alors que le rôle des juridictions internationales fait l'objet de débats diplomatiques particulièrement sensibles.

La CPI refuse de céder aux pressions

La procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, a condamné les sanctions américaines, estimant qu'elles visaient à affaiblir l'indépendance de la justice internationale.

Elle a néanmoins assuré que la Cour poursuivrait ses enquêtes et ses procédures judiciaires.

Cette confrontation pourrait également placer les alliés européens de Washington dans une situation délicate, plusieurs d'entre eux étant membres de la CPI et tenus de soutenir son fonctionnement conformément à leurs engagements internationaux.