L’attaque, menée à l’aide de drones et de missiles, constitue selon Kyiv la plus importante frappe combinée contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis plusieurs mois. Elle a provoqué des coupures d’électricité d’urgence dans la capitale et plusieurs régions environnantes.

285 drones lancés contre l’Ukraine

L’armée de l’air ukrainienne affirme que la Russie a déployé 285 drones au cours de l’offensive. Les défenses ukrainiennes disent en avoir intercepté 254.

Parmi les appareils utilisés figuraient 174 drones à réaction, capables de voler plus rapidement et plus haut que les modèles à hélice traditionnellement employés par la Russie. Leur utilisation croissante représente un défi supplémentaire pour les systèmes ukrainiens de défense aérienne.

Des missiles balistiques ont également été utilisés pendant l'offensive.

Le président a indiqué que des infrastructures critiques avaient été visées dans cinq régions et que des dégâts avaient également été enregistrés dans cinq autres.

Kyiv confrontée aux coupures d’électricité

La capitale ukrainienne figure parmi les zones les plus durement touchées.

L’opérateur national Ukrenergo a imposé des coupures d’électricité d’urgence à Kyiv et dans trois régions voisines. Il s’agit des premières mesures de ce type dans la capitale depuis le printemps.

Les conséquences ont rapidement été visibles dans la ville : certains tramways et trolleybus ont été immobilisés, tandis que la compagnie des eaux de Kyiv a signalé une diminution de la pression dans le réseau.

L’entreprise énergétique DTEK a indiqué que des installations avaient été endommagées, précisant que l'électricité avait ensuite pu être rétablie pour environ 8 000 foyers.

Moscou revendique des frappes contre plusieurs installations

Le ministère russe de la Défense a confirmé avoir mené une attaque massive et affirme avoir frappé plusieurs infrastructures énergétiques.

Moscou cite notamment la centrale hydroélectrique de Kyiv à Vyshhorod, la centrale thermique de Trypilska, une sous-station électrique ainsi qu'une installation de stockage d'énergie.

La Russie affirme que ces infrastructures alimentaient notamment le complexe militaro-industriel ukrainien. Elle dit également avoir frappé des installations portuaires à Izmail, dans la région d’Odessa. Reuters précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment l'ensemble de ces affirmations.

Kyiv redoute une nouvelle campagne contre son réseau énergétique

Pour le gouvernement ukrainien, l’ampleur de l’attaque laisse craindre le début d’une nouvelle campagne russe destinée à fragiliser le réseau électrique avant l’hiver.

Le Premier ministre ukrainien Sergii Koretskyi a indiqué que les infrastructures énergétiques étaient attaquées presque quotidiennement depuis l’été, tout en soulignant qu’aucune frappe combinée de cette ampleur n’avait été enregistrée depuis la fin de la dernière saison de chauffage.

La stratégie n’est pas nouvelle. Lors des hivers précédents, les frappes russes ont lourdement endommagé les infrastructures électriques et de chauffage ukrainiennes, obligeant les autorités à organiser des coupures et à renforcer progressivement la protection des installations.

Cette fois, l’Ukraine doit également faire face à l’évolution des moyens utilisés par Moscou.

Selon l’armée ukrainienne, la Russie avait lancé 2 850 drones à réaction en août, contre déjà 3 177 en septembre avant même la fin du mois.

Zelensky réclame davantage de défense aérienne

Face à cette intensification, Volodymyr Zelensky appelle une nouvelle fois les partenaires internationaux de l’Ukraine à renforcer les capacités de défense aérienne du pays.

Kyiv affirme notamment avoir besoin de davantage d’intercepteurs destinés aux systèmes américains Patriot, particulièrement importants pour contrer les missiles balistiques.

L’enjeu devient d’autant plus important que les températures devraient prochainement passer sous zéro durant la nuit dans la capitale ukrainienne.

Pour Kyiv, protéger les centrales électriques, les installations de chauffage et les réseaux de distribution devient donc une priorité stratégique à l’approche de la saison froide.

Les répercussions atteignent les pays voisins

L'offensive a également provoqué des réactions au-delà des frontières ukrainiennes.

La Moldavie affirme que trois drones ont pénétré dans son espace aérien au cours de la journée. La Roumanie et la Pologne, toutes deux membres de l’OTAN, ont fait décoller des avions militaires en réponse à l’activité aérienne près de leurs frontières.

Les aéroports polonais de Lublin et Rzeszow ont temporairement suspendu leurs opérations.

Ces incidents rappellent le risque que les attaques menées à proximité des frontières ukrainiennes puissent avoir des conséquences dans les pays voisins.

Un hiver sous haute tension

Après plus de quatre ans et demi de guerre à grande échelle, l’énergie redevient ainsi l’un des principaux fronts du conflit.

La Russie affirme viser des installations participant à l’effort militaire ukrainien. Kyiv accuse de son côté Moscou de chercher à exercer une pression sur la population civile en détruisant les infrastructures indispensables au chauffage, à l’électricité et à l’approvisionnement en eau.

Alors que les températures commencent à baisser, l’attaque du 30 septembre constitue un avertissement pour les prochains mois : la bataille pour le réseau énergétique ukrainien pourrait de nouveau occuper une place centrale dans la guerre durant l’hiver 2026-2027.