La réaction nord-coréenne fait suite à une déclaration des ministres du groupe des « Amis du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires », qui réunit notamment l’Australie, le Canada, la Finlande, l’Allemagne, le Japon et les Pays-Bas. Réunis à New York, ils ont estimé qu’un nouvel essai nucléaire nord-coréen serait « irresponsable et inacceptable » et ont demandé à Pyongyang de respecter les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. 

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a rejeté cette déclaration, la qualifiant de « grave provocation politique » contre le pays et présentant la Corée du Nord comme un État nucléaire responsable.

« Irréversible » et destiné à durer

Dans une déclaration distincte diffusée par l'agence officielle KCNA, la ministre nord-coréenne des Affaires étrangères, Choe Son Hui, a durci davantage le message. Elle a affirmé que la volonté de son pays de conserver ses armes nucléaires était « irréversible » et resterait inchangée. 

Cette déclaration répond directement à une réunion entre les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon organisée cette semaine à New York. Les trois pays y ont réaffirmé leur engagement en faveur d'une dénucléarisation complète de la Corée du Nord et appelé Pyongyang à reprendre le dialogue.

La position n'est toutefois pas entièrement nouvelle : Pyongyang avait déjà réaffirmé le caractère « irréversible » de son statut nucléaire après une résolution de l'Agence internationale de l'énergie atomique quelques jours auparavant. La nouveauté du 24 septembre réside surtout dans le rejet explicite de l'appel à suspendre les essais et dans la réponse directe de Choe Son Hui aux États-Unis, au Japon et à la Corée du Sud. 

Pyongyang poursuit parallèlement ses essais militaires

Cette confrontation diplomatique intervient alors que la Corée du Nord continue de développer ses capacités militaires. Pyongyang a annoncé jeudi avoir testé un système amélioré de lance-roquettes multiples guidé de 240 mm, dont les projectiles pourraient atteindre jusqu'à 115 kilomètres selon KCNA.

Deux jours auparavant, la Corée du Nord avait également annoncé avoir testé un nouveau système de missiles qu'elle présente comme hypersonique, sous la supervision de Kim Jong-un. Les évaluations techniques extérieures restent plus prudentes sur certaines performances revendiquées par Pyongyang.

Cette succession d'essais et de déclarations intervient au moment où le président sud-coréen Lee Jae Myung tente de promouvoir une approche graduelle : obtenir d'abord un gel du développement nucléaire et balistique nord-coréen en échange de concessions, avant d'envisager des étapes ultérieures de désarmement. Pyongyang n'a jusqu'ici montré aucune volonté d'accepter cette perspective.