Téhéran revoit ses scénarios de riposte
Selon Reuters, les responsables militaires iraniens travaillent actuellement sur plusieurs paramètres d’une éventuelle contre-offensive : les cibles, l’étendue géographique des opérations et leur calendrier. L’objectif serait de disposer d’options plus importantes que lors des précédentes phases de confrontation si Washington relançait une campagne militaire de grande ampleur.
Cette préparation ne signifie toutefois pas qu’une nouvelle offensive iranienne a été décidée. Il s’agit, à ce stade, de planification militaire conditionnelle en réponse à l’éventualité de nouvelles frappes.
Le contexte s’est encore tendu jeudi avec l’annonce du renforcement du dispositif américain au Moyen-Orient. Environ 9 000 militaires américains doivent être déployés dans la région avec plusieurs bâtiments de guerre, dont le groupe aéronaval de l’USS Theodore Roosevelt. Les États-Unis pourraient ainsi disposer de trois porte-avions dans la région d’ici la fin octobre, selon un responsable américain cité par Associated Press.
Washington maintient la pression
Le président américain Donald Trump a parallèlement laissé ouverte la possibilité d’une nouvelle escalade militaire après les élections américaines du 3 novembre, tout en jugeant insuffisante la dernière proposition iranienne visant à mettre fin au conflit.
Ces déclarations et le renforcement militaire américain augmentent les risques d’une nouvelle confrontation directe.
Le 20 septembre, les deux camps avaient déjà échangé de nouvelles menaces. L’armée iranienne avait alors prévenu qu’elle répondrait durement à toute nouvelle attaque contre le pays.
La diplomatie reste ouverte, mais fragile
Malgré les préparatifs militaires, les négociations ne sont pas totalement interrompues.
L’Iran a confirmé avoir reçu une réponse officielle des États-Unis à sa dernière proposition pour mettre fin au conflit. Le contenu détaillé de cette réponse n’a pas été rendu public. Des médiateurs, notamment le Qatar et le Pakistan, poursuivent leurs démarches entre les deux camps.
Reuters rapporte cependant que certains responsables iraniens considèrent en privé les chances de parvenir rapidement à un accord comme faibles.
La situation évolue donc simultanément sur deux fronts : préparatifs militaires d’un côté, négociations diplomatiques de l’autre.
Le marché pétrolier réagit aux risques d’escalade
Cette nouvelle montée des tensions produit déjà des conséquences économiques.
Le pétrole Brent a clôturé jeudi à 102,31 dollars le baril, en hausse de plus de 4 %, tandis que le WTI américain s’établissait à 92,87 dollars. Outre les tensions autour de l’Iran et le renforcement militaire américain, la suspension des exportations chinoises de produits pétroliers contribue à alimenter les inquiétudes concernant l’approvisionnement mondial.
Une nouvelle confrontation militaire impliquant directement l’Iran pourrait avoir des répercussions dépassant largement le Moyen-Orient, notamment sur la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, les approvisionnements énergétiques et les prix internationaux.
Pour l’heure, aucune nouvelle attaque américaine ou israélienne contre l’Iran n’est annoncée dans les informations vérifiées pour cet article. Téhéran prépare ses options en cas de reprise des hostilités, tandis que les canaux diplomatiques restent ouverts.
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