La déclaration conjointe ne se limite pas à réclamer une prolongation administrative du mandat. Les États signataires demandent à la communauté internationale de fournir à la Force les effectifs, le financement, les équipements et le soutien logistique nécessaires à son fonctionnement.
« Un mandat, à lui seul, ne produit pas de résultats »
Le secrétaire général de l’OEA, , a soutenu publiquement cette démarche. Pour l’organisation régionale, renouveler le mandat sans fournir les ressources nécessaires ne suffirait pas.
L’objectif affiché est de permettre à la FRG d'appuyer efficacement la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), conformément à leurs mandats respectifs.
Les priorités énumérées par l’OEA sont concrètes : rétablir l’autorité de l’État dans les territoires affectés par les gangs, sécuriser l’accès à l’aéroport et au port, rouvrir les principaux axes routiers, protéger la population et maintenir une présence permanente de la PNH dans les infrastructures stratégiques ainsi que dans les zones récupérées.
Armes, financement des gangs et territoires récupérés
La déclaration comporte également un volet visant les réseaux qui permettent aux groupes armés de poursuivre leurs activités.
Les 32 États réclament un renforcement des actions nationales, régionales et internationales contre le trafic illicite d’armes et de munitions vers Haïti. Ils demandent également que soient perturbés les circuits financiers et logistiques soutenant les gangs et que les personnes qui financent ou fournissent une aide matérielle aux groupes armés soient tenues responsables.
La question du maintien des territoires récupérés occupe aussi une place importante : l’OEA souhaite qu'une présence policière durable puisse empêcher les groupes armés de reprendre les zones dont ils ont été chassés.
Sécurité et élections liées dans la feuille de route
La déclaration établit par ailleurs un lien direct entre l'amélioration de la sécurité et le processus électoral.
Les États membres demandent que les préparatifs électoraux se poursuivent à mesure que les conditions sécuritaires s’améliorent. Ils évoquent notamment l’identification civile, l’inscription des électeurs, la logistique électorale et la préparation d’une Mission d’observation électorale de l’OEA.
Le représentant permanent d’Haïti auprès de l’OEA, Jean Josué Pierre, a résumé la position défendue par Port-au-Prince : renouveler le mandat, assurer le déploiement intégral de la Force, renforcer les institutions haïtiennes de sécurité et créer les conditions permettant d’avancer vers des élections crédibles et une stabilité durable.
Une rare unanimité régionale autour d’Haïti
La portée politique de la déclaration réside également dans sa signature par l’ensemble des 32 membres actuellement actifs de l’OEA, parmi lesquels les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, l’Argentine, la Colombie, la République dominicaine, la Jamaïque et Haïti.
Cette unanimité ne garantit toutefois ni les contributions financières ni l'arrivée effective des effectifs demandés. La prochaine étape déterminante sera donc la décision du Conseil de sécurité des Nations unies et, au-delà du renouvellement du mandat, la concrétisation des engagements en personnel, financement, équipements et logistique.
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