Une condamnation devenue définitive
Eduardo Bolsonaro, 42 ans, ancien député fédéral, vit aux États-Unis depuis 2025. En juin, la Cour suprême l'a condamné à 4 ans et 2 mois de prison pour coercition dans le cadre d'une procédure judiciaire. Selon la Cour, il avait fait pression sur l'administration de Donald Trump pour obtenir des sanctions et des droits de douane contre le Brésil, afin d'influencer le procès de son père, jugé pour tentative de coup d'État. Jair Bolsonaro a été condamné en septembre 2025 à 27 ans de prison dans cette affaire.
Moraes a déclaré la condamnation définitive, sans recours possible, selon Agência Brasil. Il a ordonné l'exécution immédiate de la peine, annulé les passeports brésiliens d'Eduardo et chargé la police fédérale de l'arrêter dès son retour au Brésil. Selon la presse brésilienne, la peine doit être purgée en régime semi-ouvert. En pratique, Eduardo n'est pas censé purger sa peine tant qu'il reste à l'étranger. L'extradition depuis les États-Unis est jugée peu probable.
Un fils très présent dans le jeu politique
Eduardo a été le principal relais de la famille auprès de l'administration Trump : il accompagnait Flávio lors de sa rencontre avec le président américain à la Maison-Blanche, en mai. Il a perdu son siège à la Chambre pour absences répétées, et le ministère de la Justice l'a révoqué en septembre de son poste de policier fédéral, qu'il avait abandonné.
Les États-Unis avaient imposé en 2025 des droits de douane de 50 % sur les importations brésiliennes et des sanctions contre Moraes, avant de les lever à la fin de l'année après des contacts diplomatiques entre Lula et Trump.
Une campagne sous tension
Le premier tour du 4 octobre a donné 47,03 % des voix à Flávio Bolsonaro, contre 45,16 % pour le président sortant Lula da Silva, selon les résultats définitifs du Tribunal supérieur électoral. C'est l'écart le plus faible jamais enregistré au premier tour d'une présidentielle depuis le retour à la démocratie, et le résultat a surpris les sondages.
Eduardo a dénoncé une décision « arbitraire, inopportune et inefficace ». Flávio a demandé la démission de Moraes, que la famille Bolsonaro considère comme un adversaire politique. Le magistrat avait présidé l'enquête sur la tentative de coup d'État qui a conduit à la condamnation de Jair Bolsonaro. En septembre, Flávio affirmait que Lula devait la présidence à ce juge. Lula avait répondu que ce lien était une déformation de campagne.
Le second tour se jouera donc dans un climat de confrontation entre le camp Bolsonaro et la plus haute juridiction du pays. Selon la lecture du camp, ce mandat d'arrêt relève de l'application de la loi ou de la persécution politique.
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