Une négociation en cours au sein du FMI
Selon Reuters, Washington discute avec les autres actionnaires du Fonds monétaire international de l’emploi du nouveau terme dans le communiqué du Comité monétaire et financier international (CMFI), l’instance qui oriente l’action du FMI. Erin Browne a refusé d’anticiper l’issue des discussions, précisant que les négociations sur le texte se poursuivaient.
Elle a présenté la technologie comme un moteur de croissance « américaine et mondiale », et jugé que de nombreux pays attendaient des États-Unis qu’ils fixent les normes. Les États-Unis, qui assurent la présidence tournante du G20, souhaitent que ce changement de vocabulaire s’impose aussi hors de leurs frontières.
Si Washington retirait son soutien à un communiqué de consensus, le président du CMFI, le ministre saoudien des Finances Mohammed Al-Jadaan, pourrait publier une déclaration du président résumant les positions des membres. Une source citée par Reuters évoque une autre issue possible : éviter les termes IA et SI et parler simplement de « nouvelle technologie ». Le CMFI doit tenir samedi une conférence de presse, avec Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI.
De l’ONU au décret
Le 22 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump avait annoncé que le gouvernement américain renommerait l’IA dans ses communications officielles. Son argument : le mot « artificiel » donne à la technologie un air de faux et sous-estime ses capacités. Il avait aussi rejeté toute supervision internationale de l’IA, qu’il qualifie de « stratagème mondialiste ».
Le décret signé le 29 septembre demande aux agences fédérales d’employer « super intelligence » et « SI » dans leurs correspondances, communications publiques et documents non réglementaires. Il charge aussi le conseiller scientifique de la Maison-Blanche de proposer une définition fédérale du terme. Sur Truth Social, Donald Trump a ensuite affirmé que la Maison-Blanche considérerait comme des adversaires ceux qui continueraient à parler d’« intelligence artificielle ».
Deux notions différentes
Cette substitution suscite des réserves, car les deux expressions ne désignent pas la même chose. Dans l’usage technique établi, l’intelligence artificielle recouvre l’ensemble des systèmes informatiques capables d’accomplir des tâches associées à l’intelligence humaine. La superintelligence renvoie, elle, à un niveau hypothétique d’intelligence machine qui dépasserait largement les capacités humaines dans presque tous les domaines. Le concept est notamment associé au philosophe Nick Bostrom. Pour les critiques, appliquer ce mot aux outils actuels brouille la frontière entre ces systèmes et une technologie qui n’existe pas.
La décision finale du CMFI dira si ce vocabulaire gagne du terrain dans les instances financières internationales ou si les partenaires de Washington lui préfèrent une formule plus neutre.
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