Un revirement après la polémique

Le président annule ainsi un projet annoncé la semaine dernière par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui avait promis que le public pourrait regarder l'exécution. Trump reconnaît qu'une retransmission aurait pu servir de « puissant moyen de dissuasion » face au terrorisme, mais estime que de nombreuses personnes de bonne foi préféreraient ne pas voir mourir Hasan, par streaming ou par tout autre moyen visuel.

L'annonce du Pentagone avait provoqué des critiques de républicains comme de démocrates. Certains craignaient de renforcer le désir de martyre affiché par Hasan, d'autres jugeaient une exécution publique contraire aux valeurs américaines. Le vice-président JD Vance avait affirmé que Hasan méritait la mort, mais qu'il ne regarderait pas une retransmission. Un sondage ABC News/Washington Post/Ipsos publié jeudi montre que 80 % des Américains s'opposent à la diffusion, contre 18 % qui la soutiennent. Selon NBC News, un responsable de la Maison-Blanche a ajouté que Trump ne savait pas que Hasan est paralysé, ce qui a pesé dans sa décision.

L'exécution maintenue au 3 décembre

Le peloton d'exécution reste prévu comme annoncé. Donald Trump en avait approuvé le principe le 5 octobre, sur recommandation de Pete Hegseth. L'exécution doit avoir lieu à Fort Hood le 3 décembre, à 13 h (heure du centre des États-Unis), selon la date fixée par le secrétaire par intérim de l'armée de terre.

Ce sera la première exécution menée par l'armée américaine depuis 1961, et la première d'un militaire par peloton d'exécution depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Pentagone n'a pas expliqué pourquoi cette méthode a été retenue plutôt que l'injection létale prévue par la réglementation militaire. Le calendrier pourrait aussi être bousculé : selon une revue juridique de l'armée citée par Telemundo, Hasan pourrait saisir la justice civile fédérale d'un recours en habeas corpus, ce qui risquerait de suspendre la procédure, peut-être pendant des années.

Une tuerie qui reste une plaie ouverte

Le 5 novembre 2009, Nidal Hasan, alors psychiatre de l'armée, avait ouvert le feu dans un centre médical de la base de Fort Hood, au Texas, où des soldats se préparaient à partir en mission. Il avait tué 13 personnes et en avait blessé 32. Condamné à mort en 2013 par un jury militaire, il avait vu son dernier recours rejeté en avril 2025. Il est détenu à la prison militaire de Fort Leavenworth, au Kansas.