Port-au-Prince, 20 octobre 2026. Face à la montée de la contestation syndicale, le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé cherche à dissiper les inquiétudes autour des nouvelles dispositions fiscales et du paiement du 14ᵉ mois.
Lors d'un point de presse lundi 19 octobre, Lucien Jura a affirmé qu'aucune décision n'avait été prise pour supprimer cette allocation, qu'il présente comme un engagement du gouvernement, notamment pour aider les familles à faire face aux dépenses de la rentrée scolaire. Le ministère de l'Économie et des Finances (MEF) avait déjà démenti, dans une note du 18 octobre, les informations évoquant une suppression.
Des paiements encore incomplets
Selon les autorités, certains fonctionnaires ont déjà reçu leur virement bancaire, tandis que d'autres attendent toujours. Le ministère attribue ces retards aux délais de traitement bancaire et à l'émission des chèques. Le gouvernement dit avoir pris des mesures pour accélérer les opérations, mais n'a donné aucun calendrier garantissant le paiement de tous les bénéficiaires.
Quels revenus sont visés par les 15 % ?
D'après Lucien Jura, la retenue de 15 % ne s'applique pas à tous les revenus des fonctionnaires. Elle vise certaines primes, indemnités et rémunérations additionnelles qui ne font pas partie du salaire régulier. Le 14ᵉ mois et les bonifications mentionnées par le gouvernement restent soumis au taux de 10 %.
Ces précisions interviennent après l'entrée en vigueur, le 1ᵉʳ octobre 2026, du nouveau Code fiscal. La frontière entre salaire de base, primes, bonifications et autres avantages reste toutefois floue pour une partie des agents.
Les syndicats maintiennent la pression
Malgré ces explications, plusieurs syndicats continuent de dénoncer le prélèvement et les difficultés des employés publics. Des agents du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) ont entamé une grève contre la retenue de 15 %. Les organisations syndicales jugent que ces mesures aggravent la situation de travailleurs déjà frappés par la hausse du coût de la vie.
Dans une prise de position publiée le 19 octobre, elles exigent :
- le paiement du 14ᵉ mois à tous les bénéficiaires ;
- le retrait de la retenue contestée ;
- le règlement des dettes de l'État envers les établissements de santé qui soignent les fonctionnaires.
Elles ont fixé au 29 octobre l'échéance pour obtenir des réponses satisfaisantes et évoquent une mobilisation nationale le 30 octobre.
La DGI attendue mercredi
Pour clarifier le Code fiscal, le directeur général de la Direction générale des impôts (DGI), Chesnel François, doit s'exprimer mercredi 21 octobre sur les modalités d'application des retenues. Une partie des agents réclame plus de transparence sur les prélèvements opérés sur leurs rémunérations.
Au-delà de la fiscalité, les revendications portent aussi sur les retards de paiement, les conditions de travail, la couverture médicale et le pouvoir d'achat. L'intervention de la DGI et la poursuite effective des versements permettront de mesurer la portée des engagements du gouvernement.
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